La fin

Istanbul, 1999

Après tout

Il y a quelque chose

Les mouvements

De la porte du frigo

Toi

Je te vois à travers le filtre de fumée

On est encore là

Là en vrai

Chaque geste, chaque mot

Décapité les miettes

En vrac sous le tapis.

Après tout

Il reste quelque chose

Chaud, respire, en vérité légère.

La peau

des lézards

Rio, 2016

Tu ouvres la porte,

Tu n’es inscrit nulle part,

Tu es ce lézard qui se cogne aux meubles

Et s’agglutine aux lézards jaunes, verts et noirs

Les petits coups de pattes des lézards du dessus

Font frémir ton corps de lézard du dessous

Tu te hisses au sommet de la grappe

Et laisse ta peau onduler au rythme des fracas

De bêtes affamées, occupées à trouver le bon air

Tu as trouvé un équilibre lézardé

Mais je vois bien que tu te dores

Sans oser franchir le seuil

D’une porte qui mène vers le dehors

Frissonnant d’où les lézards englués

Ne sont jamais revenus.

Puis un jour, enfin,  dans un coin de la pièce

… Tu t’endors à part.

Ta peau libère le chant de douceurs infinies,

Conjure les fureurs guerrières.

C’est alors que.

L’air est sans résistance

Ton regard froisse le ciel

Retenu intrépide traqué tapi

Une caresse de vent

Soutient tes pattes  avides

Aucune promesse

Aucun mystère

L’espoir est mort.

Il est réalisé.