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Summary of the Berne Convention for the protection of Literary and Artistic Works (1886)

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De la servitude volontaire (essai)

De la servitude littéraire ou contr’un, d’Etienne de La Boétie, 1576

Comment s’affranchir ?

La Boétie y réfléchit à tâtons. Il tente d’établir les conditions de la liberté dans une monarchie. 

Pour être libre, il faut rendre possible le bonheur, ne se soumettre ni à un maître, ni à plusieurs. 

Le jeune auteur met à jour l’absurdité de la domination d’un seul, qui ne tient que tant que ses membres acceptent une souffrance qu’il attribue à la peur de se révolter : « ils aiment mieux le souffrir que lui contredire ». Selon lui, la tyrannie repose sur du vent, car le maître est un être comme les autres. La Boétie s’agace, exprime sa colère car le malheur viendrait seulement de la faiblesse humaine qui fait que tout le monde obéit… ce qui entraîne avec le temps et l’usure du pouvoir une servitude, une forme certaine d’esclavage. Et la violence d’un seul homme est paradoxalement plus grande que celle d’une armée. L’unicité du pouvoir en induit la concentration : plus il est concentré, plus il est dangereux.

La Boétie tente de comprendre comment meurt la liberté et raisonne « à tâtons ». Il cherche des exemples tirés de la culture antique des humanistes de la Renaissance, notamment ceux des guerres médiques de l’archonte d’Athènes Miltiade contre les Perses au VIème siècle avant Jésus-Christ. Puis plus tard, le sauvetage de la flotte grecque par Léonidas qui les retient au défilé des Thermopyles. Il évoque également la bataille de Marathon en 490 avant Jésus-Christ… Les Grecs, en petit nombre, ont eu « du cœur » et ont vaincu l’ennemi malgré sa supériorité numérique. Il constate alors l’universalité de la guerre, la banalité du mal. Les peuples se laissent eux-mêmes systématiquement «gourmander » (dévorer).

Le plus drôle est que l’auteur feint de s’en étonner car pour lui la solution serait d’une évidente simplicité, sans dépense aucune. Il suffirait « de bête revenir homme » pour recouvrer un « droit naturel ». Mais il concède de façon vraiment provocatrice que ce serait trop facile : les peuples préfèrent se compliquer la vie. Il interroge alors la pulsion autodestructrice de l’homme qui agirait d’instinct en esclave, mourant en plein combat sanguinaire. Pour démontrer cela, il recourt à deux exemples analogiques déconcertants pour le lecteur lettré du XVIème siècle car ils ne renvoient à aucune érudition, mais plutôt au bon sens. Premier exemple : un feu de bois que l’on n’attise pas finit par s’éteindre de lui-même. Et pourtant… « Les tirans plus ils pillent, plus ils exigent, plus ils ruinent et détruisent, plus on leur baille, plus on les sert, plus ils se fortifient ».  Le second exemple est du même ordre : une racine sans sève ne fructifie pas : « la branche devient sèche et morte ». A l’issue de l’analyse de ces deux exemples, la conclusion est sans appel. Sans la liberté, « tous les maux viennent à la file ».

Suit alors l’extrait le plus célèbre de l’oeuvre, un discours pamphlétaire adressé au peuple. Pour dénoncer la bêtise généralisée, en utilisant la forme littéraire de l’éreintement. Il en ressort cette proposition à valeur générale : « soiés résolus de ne servir plus, et vous voilà libre ». Devant la désarmante simplicité de ces propos, La Boétie s’excuse, se juge fou, feint l’autocritique. Il relance à ce moment la quête impossible d’une méthode pour libérer le peuple de façon ludique et faussement régressive : « Cherchons donc par conjecture, si nous en pouvons trouver, comment s’est ainsi si avant enracinée cette opiniâtre volonté de servir, qu’il semble maintenant que l’amour même de la liberté ne soit pas si naturelle ».  En réalité, l’auteur mime une prise de conscience, fraîche et spontanée : l’amour de la liberté serait le fruit d’un apprentissage, puisqu’il ne serait pas inné (naturel). Cet écrit commence donc à demi-mot à avouer sa portée didactique. Son objectif : une éducation à la liberté, à partir d’une réflexion d’une grande évidence libératrice. Mais concrètement bien difficile à acquérir… un peu comme le fait que l’apparence de naturel est souvent le fruit du travail, de l’artifice.

Comment faire pour rester libre ?

Naturellement, l’homme obéit aux parents, à la raison et à la liberté. Ceci est vrai pour tous, il affirme l’unité de la condition humaine qui conduit… à la liberté ? Nous habitons la même terre, nous nous ressemblons tous physiquement car nous sommes « figurés à mesme patron », nous communiquons tous par la voix et la parole : « nous sommes tous compagnons ».  Puis il brise cette belle observation car les hommes s’esclavagisent et s’injurient… pour une raison bien étonnante… celle d’être nés non seulement avec la liberté mais aussi « avec affection de la défendre ».

La liberté est un bien précieux mais fragile…

Les animaux, eux, sont naturellement libres, car ils ne supportent pas la captivité qui les fait mourir. Ils se défendent ostensiblement quand on les chasse. Ce « mal de sujétion » est acceptable selon lui chez les animaux, mais non chez les hommes.

Tout pouvoir, qu’il soit politique, militaire, ou acquis par héritage, dérive vers l’asservissement : « les semences de bien que la nature met en nous sont si menues et glissantes qu’elles ne peuvent endurer le moindre heurt de la nourriture contraire : elles ne s’entretiennent pas si aisément ; comme elles s’abatardissent, se fondent, et viennent à rien ne plus ne moins que les arbres fruitiers…. Les herbes ont chacune leur propriété, leur naturel et singularité ; mais toutefois le gel, le temps, le terroir ou la main du jardinier, y ajoutent ou diminuent beaucoup de leur vertu : la plante qu’on a vue en un endroit, on est ailleurs empêché de la reconnaître ».

La Boétie nous brosse alors un portrait plus nuancé de la liberté, idée difficile à discerner dans la vraie vie, comme si l’objet de son discours se dérobait. Il interroge l’exemple de la République de Venise, où règne Licurgue « le policeur de Sparte ». Sur une terre dite de liberté, les hommes deviennent « des chiens courant au plat et au lièvre bien qu’ils soient frères ». La Boétie analyse finement différents exemples historiques pour constater des actes de barbaries suivis de repentances, d’incommunicabilité, de conjurations.

L’auteur s’étourdit lui-même, remet en cause ses propres analyses et perd le fil de son discours : «  à quel propos tout ceci ? » Cette tourmente personnelle le fait évoluer. Sa colère initiale contre le peuple trop obéissant est passée : « je suis d’avis qu’on ait pitié de ceux… ou bien que on les excuse, ou bien qu’on leur pardonne » L’homme est parfois aveuglé par une idée qu’il n’a jamais vue : « si n’aians vu seulement l’ombre de la liberté ».

Les hommes sont-ils capables d’être libres ?

Il rassemble ses esprits, récapitule son raisonnement : « la première raison de la servitude volontaire, c’est la coutume ». Constate que certains hommes font exception, de façon certainement autoréférentielle : « un mieux né que les autres qui sente le pois du joug et ne se peut tenir de le secouer ».  Ulysse, lui aussi, recherchait sa demeure naturelle.

Quelles sont les qualités de ces êtres refusant la servitude ? Ne pas se contenter de privilèges, de naïveté, de « regarder ce qui est devant [son] pied ». Il faut développer un « entendement net », un « esprit clairvoyant » grâce à l’étude et au savoir. Même quand toute liberté a disparu dans une société, elle peut encore se savourer en imagination, par les livres et par le partage des idées. Cette affaire est extrêmement sérieuse. Même Momos le dieu moqueur s’est abstenu de se moquer de l’homme auquel il manque « une petite fenêtre au cœur, afin que par la on peut voir ses pensées ».

La Boétie prend ensuite la défense de Cicéron qui oeuvra grâce à ses discours à la conquête de la liberté à Rome, mise en œuvre par Brutus et Cassius, assassinant César. Les autres conjurations romaines n’ont pas fait disparaître la tyrannie : « suis content qu’ils aient montré par leur exemple qu’il ne faut pas abuser du saint nom de liberté, pour faire mauvaise entreprise ». Bien sûr, invoquer la liberté ne suffit pas à la faire régner pour de bon. Le lecteur est donc indirectement invité à remettre en cause sa propre idée de la liberté quand il la croit acquise. Ceci minimise aussi la portée satirique des passages ridiculisant les esclaves… dans la mesure où tant de gens semblent finalement l’être, selon des modalités infiniment variées. L’art de faire croire aux hommes qu’ils sont libres est d’un raffinement extrême, une illusion certaine.

En fin de compte, La Boétie reconsidère ses arguments de départ. « La première raison pourquoi les hommes servent volontiers, est pour ce qu’ils naissent serfs et sont nourris tels ». La coutume est donc naturelle, la servitude également. Comme le dit Hippocrate, médecin grec au siècle de Périclès, les gens deviennent lâches. Perdre la liberté, c’est perdre la vaillance, la vitalité, la santé. L’historien grec Xenophon avait déjà souligné le malaise et la peur ressentis par les tyrans, très communicatifs !

Le contre-poison, c’est l’amitié universelle qui affranchit. La Boétie justifie l’omniprésence de la tyrannie par un élan naturel dû à la faiblesse humaine, laissant le mouvement de l’amitié se corrompre en sujétion. Comment la nécessité naturelle de l’amitié peut-elle dégénérer ? Diverses techniques de manipulation des autres et de soi-même dévoient la nature.

Hakuma (pièce de théâtre)

Interview d’Augustin Tabo, auteur de la pièce de théâtre Hakuma, une comédie burlesque pour un procès inique.

La pièce de théâtre

NB : Le mouvement Law and Literature montre que les textes littéraires sont le terreau favorable à une réflexion juridique contemporaine.

« Tout pouvoir sans contrôle rend fou ». Cette épigraphe extraite des Propos de politique du philosophe Alain en 1934 ouvre la pièce de théâtre épique Hakuma d’Augustin Tabo. Le titre signifie « l’État ». Pièce aux personnages uniquement masculins, elle offre le spectacle d’un procès musclé, intenté par le gouvernement de Kaskanaï contre les dirigeants des syndicats, accusés d’avoir fomenté une manifestation publique pacifiste.

Cette pièce de théâtre est un huis clos. Dans le palais de justice, des hommes de droit et de pouvoir sont au travail, rompus aux jeux de cache-cache avec les mots. Le politique, c’est la guerre plus ou moins sans les armes. Le président « démoncrate » et ses sbires souffrent d’un mal : le déni de réalité. Et ils croient agir au nom d’une démocratie en marche, qui nécessite quelques sacrifices, quelques petits arrangements avec l’ignorance, la misère et la mort. La dialectique entre les deux camps est explosive, révolte contre manipulation.

La mise en scène de ce texte nécessite bien sûr de montrer la charge caricaturale d’une farce historique qui fait penser à La résistible ascension d’Arturo Ui, pièce écrite par Brecht en 1941, dénonçant les responsables du maintien au pouvoir du  chancelier Hitler.

Hakuma, pièce écrite en 2013. Les noms des personnages évoquent un contexte africain : le truculent Commissaire Kaskiss tente, comme il peut, de réprimer des manifestations. Sans parvenir à contenir les différentes instances représentatives qui le minent toutes au nom de l’Etat de droit : Robert Masra, président du Collectif des Associations de la Société Civile et des Droits de l’Homme, Yir Nguero, secrétaire général de l’Union des Travailleurs, Akoi Brahim, secrétaire des Ouvriers des Champs Pétroliers, Kasser Kissar, président du Regroupement des Paysans et Eleveurs et enfin Michael Mouaromba, président des étudiants Kaskanaïens. Toute ressemblance avec des personnages réels serait-elle fortuite ? L’auteur fut lui-même président de l’Union Nationale des Étudiants Tchadiens à Ndjamena.

A la veille des élections présidentielles au Tchad, prévues le 10 avril 2016, ce texte prend un écho particulier. Dans la comédie, Maître Boukar interprète les manifestations comme une conspiration visant au putsch, requérant la peine de mort, au nom de valeurs très vagues, et de la stabilité de l’Etat de droit. La plaidoierie de maître Djasra se réfère aux articles de loi accordant le droit de recours à la grève et aux manifestations pacifiques : « votre Honneur, à quoi cela nous sert-il de nous agripper à cette tradition hostile à toute évolution, teintée de nostalgie aberrante, et assise sur des coutumes égoïstes, tribales, fétichistes, rétrogrades et affairistes ? »

Augustin Tabo

Lors de votre passage censuré dans une émission littéraire sur une chaîne télévisée tchadienne, vous affirmez que vous écrivez par nécessité, par passion, pour transmettre et partager. A présent, à la veille des élections présidentielles au Tchad, certains médias dénoncent un grand nombre d’actes répressifs contre la société civile. Il apparaît également que le gouvernement français ne souhaiterait pas une destabilisation du pouvoir en place, si l’on en croit la divulgation récente de documents officiels classés secret défense, en circulation sur les réseaux sociaux. Mais les faux profils et les faux documents pullulent en période préélectorale. La farce est bien réelle, la réalité dépasserait-elle votre fiction ?

J’ai écrit cette pièce pour transmettre, de façon satirique, l’idée suivante : vivre sans exister, ce n’est pas vivre. Aucune personne ne doit ni se taire, ni se cacher, ni se sous-estimer. Sinon, les autres vont l’étouffer. La société civile est un contre-pouvoir nécessaire en démocratie. Sans le soutien d’un peuple, pas de Président de la République. Les citoyens doivent se faire entendre, et non pas lyncher, torturer ou bâillonner, quand ils émettent des revendications. Le droit de grève et de manifestation est inscrit dans la Constitution. Mais quand le pouvoir est répressif, sa chute est violente. Regardez ce qui est arrivé à Bokassa, Kampaoré ou Mobutu.

Dans le cadre de votre métier de chercheur, vous modélisez à l’aide de formules mathématiques l’incertitude des comportements humains, dans le domaine de l’économie de la santé. Pourriez-vous, à tout hasard, prévoir l’issue de la campagne présidentielle de 2016 au Tchad, menée de façon partiale par un Président  qui refuse le dialogue ?

Le hasard n’existe pas, c’est le nom que l’on donne aux lois que l’on ignore, à l’impossibilité de prévoir avec certitude. Ce qui est certain, c’est que le Président Déby ne se maintiendra au pouvoir qu’entouré et soutenu. Dans la pièce Hakuma, j’ai présenté des personnages fantasques, délirants et corrompus. Leurs belles paroles ne suffisent pas pour construire un État de droit. Les actions doivent être désintéressées, et le pouvoir partagé.

Augustin Tabo est enseignant-chercheur à l’Université Paris-Descartes. Il a été consultant « Culture de la paix et résolution non-violente des conflits » au BIP de Genève (ONU), en représentation dans de nombreux pays (Suisse, Hollande, Etats-Unis, Corée du sud, Egypte…). 

Complément d’enquête : les procès en fiction

Littérature :

–       Poetic justice, de Martha Nussbaum, 1996 (à feuilleter en anglais)

–       Corpus delicti, un procès, de Julie Zeh, 2010 (roman allemand)

–       Le maître du jeu, 1996, La loi du plus fort, de John Grisham, 1998 (romans judiciaires américains)

–       Les sorcières de Salem, d’Arthur Miller, 1953 (metteur en scène : J.Bougault)

–       L’étranger, 1942, Albert Camus (roman français)

–       Le procès, Franz Kafka, 1925 (lecture en dix épisodes, émission « Fictions », France Culture)

–       Faust, Goethe, 1832 (pièce de théâtre allemande)

–       La loi qui tue, Camille Delaville, 1875(édition originale numérisée, Gallica)

–       Crime et châtiment, Fiodor Dostoievski, 1866 (traduction intégrale du roman russe)

–       Les Misérables, Victor Hugo, 1862 (édition originale numérisée, Gallica)

–       La comédie humaine, Honoré de Balzac, 1842 (Le médecin de campagneSplendeur et misère des courtisanes)

–       La folle journée ou le mariage de Figaro, Beaumarchais,1778 (metteur en scène : G. Rouvière)

–       Henry IV, William Shakespeare, 1596-1598(director : Adrian Woodward, Globe Theater)

–       Antigone, Sophocleenviron 440 avant J.C. (metteur en scène : J. Liermier)

Films : 

–       La défense Lincoln, Brad Furman, 2011 (adaptation américaine du roman de Michael Conelly) 

–       Toutes nos envies, Philippe Lioret, 2011 (téléfilm français)

–       Bamako, Abderrahmane Sissoko, 2006 (film franco-américano-malien)

–       Erin Brochovichseule contre tous, Steven Soderbergh, 2000 (film américain, d’après l’affaire Erin Brochovich)

–       Le mystère von Bülow, Barbet Schroeder 1990 (film américain, d’après l’affaire von Bülow)

–       Le procès, Orson Welles, 1962 ( film germano-franco-italien, d’après le roman de Franz Kafka)

–       Douze hommes en colère, Sidney Lumet, 1957 (film américain)

–       Rashomon, Akira Kurusawa, 1950 (film japonais)

 Séries : 

–       Main courante, saison 1, 2012 (série télévisée française)

–       The good wife, à partir de 2009 (série télévisée américaine)

–       Engrenages, saison 1 à 5, à partir de 2005 (série télévisée française)

–       Boston Justice (Boston Legal), à partir de 2004 (série télévisée américaine)

–       Ally mcBeal, à partir de 1997 (série télévisée américaine)

Cowboy light (roman)

Roman

Critique littéraire

Cowboy Light, Frédéric Arnoux, Buchet-Chastel, 2017.

Un petit vendeur de shit endetté, rêveur et fêtard, raconte son quotidien dans les quartiers du Besançon des années 1980. Tout commence par une soirée glauque à la fin de ses trois semaines d’intérim à côté de l’usine Lip. 

Il vit encore chez la Ginou, sa mère adoptive au chômage. Une vie kitsch en version cradingue, avec les potes. Il aime ça, il cultive l’humour et le mauvais goût. Ses fulgurances cyniques ont une légère tendance à devenir obsessionnelles, surtout en fin de soirée. 

Sensible, curieux et drôle, il se lance dans une quête : sa mère, qu’il n’a jamais connue. Avec des accès de violence gratuite qui font monter la pression. Les figures maternelles suscitent sa colère, jusqu’à ce qu’il décide de devenir gigolo. Cette idée lui est venue après avoir ressenti une attirance pour Ninon,  belle femme mûre, bourgeoise cocaïnée mais lucide, croisée lors d’une virée nocturne en Suisse, à bord d’une voiture volée. Il tombera bêtement amoureux, ce qui fera de lui un conquérant dérisoire et dangereux. Pourtant, il reste fidèle en amitié et revient toujours au bercail familial.

Période de chômage d’un gars qui s’accroche vraiment. Rien n’empêche toutefois la descente aux enfers avec un imaginaire précaire. Blagues crasseuses et de ressassements, de récits de rêves et d’hallucinations maternelles. Cowboy Light, roman héroï-comique et touchant sur l’illusion sociale. Les rêves de grandeur et de fric, barrés par tant d’obstacles ne seraient que vanité et folie. C’est peut-être tout simplement ça, la vie. 

Ni son milieu, ni l’école ne lui ont laissé aucune chance. Le lecteur rit malgré le manque d’horizon des personnages. Un univers réaliste plein d’embrouilles et de trafics… En tout cas, la Ginou, sa mère adoptive, l’a bien houspillé, ses créanciers l’ont bien traqué, histoire de le faire entrer dans le rang.

Mais rien à faire, il se pense en héros et le Don Quichotte de la drague et du shit se fracasse. Belle plongée réaliste en zone précaire, touchée par les premières délocalisations des années fric. Tendresse hardcore. 

LA RÉPONSE EST ROUGE

NOUVELLE

– Tu crois qu’elle est morte ?

– Ne dis pas de bêtises.

La main chaude du Serbe entraîne Emily vers le rond-point de l’allée des peupliers, loin du banc qu’elle lui montre en vain. Goran presse le pas pour dépasser la maison d’arrêt. Grand corps dans un blouson kaki. Il ne regarde plus trop autour de lui depuis des plombes. Mal réveillé, après une nuit devant des vidéos saignantes qui font le tour de la planète. Son mental en porcelaine fêlée laisse plein d’images grésiller. Sur la route, la bouche de la petite lâche quelque chose comme des ondes sonores. Ces vibrations de l’air chatouillent le tympan de l’oreille droite de Goran, celle qui lui reste. Les mots n’ont pas encore de sens à cinq heures du matin. 

Le jour se lève le long de la voie ferrée. Goran et sa fille Emily passent devant les façades des grands ensembles, trois grues grises dépassent. Coulisses d’un décor et réalité. Être est ne pas être. Emily a vu quelque chose tout à l’heure. Un cadavre, elle en est maintenant certaine et n’arrive plus à parler. Elle se signe, marche le regard en arrière. Rajuste sa veste de velours, il fait si froid. Pas à pas, une heure durant, Goran et Emily avancent, l’un accroché à l’autre. Sensation de contact, chacun dans sa bulle glacée.

Le père et la fille entrent dans la ville de Juvisy, vers les baraquements du campement rom, près du taillis au bord de l’autoroute. Après avoir franchi un tas de boue incrusté de touffes de cheveux noirs et de lanières de peaux ensanglantées, mélangés à des emballages alimentaires verts. Goran entre sans frapper dans la cabane bleue d’Asma. Elle doit rester au chaud avec Emily aujourd’hui. Interdiction de sortir, il lui rapportera un biftn ce soir. Le TGV de 8 h 18 passe, c’est le moment de lever les bras pour maintenir le plafond fait de panneaux publicitaires et de lino. Emily se met sur la pointe des pieds et se cogne contre le brasero central en surchauffe. Une cloque apparaît, pas grave. Souffle éclatant d’un bisou, câlins. La douleur, c’est pas viable. Une bougie blanche illumine les murs recouverts de tentures satinées. Asma porte une robe de dentelle noire et bleu azur. Une femme transparente avec des trous.

D’un coup, Goran pousse la petite sur le canapé-lit. Des picotements insoutenables lui parcourent le bras gauche. Ça lui arrive souvent depuis qu’il a dézingué sec. Inspiration, expiration, pour calmer le jeu nerveux. Ses veines se dilatent, le sang circule mieux. Il commence alors à se réveiller vraiment. Il pense à Tifène, toujours écrouée. Mais jusqu’à quand ? Il faudra aller la chercher un de ces jours. Et aussi, la question si bizarre d’Emily, elle lui revient  à l’esprit :

– Tu crois qu’elle est morte ?

 Il veut se souvenir. Ses yeux se ferment dans la chaleur bienfaisante, auprès d’Asma. L’image que lui montrait Emily devient plus nette. Cette femme était-elle bien en chair ? Ou enceinte ? Comme maman ? Il a peur de demander des précisions à sa fille, et peur de lui-même. En vrai, il a tout vu. Un cadavre de femme morte de froid sur un banc. Son bras gauche se dérobe, trop d’effervescence dans le sang maintenant. Les sentiments empruntent la route du système nerveux. Le regret ou la honte crispent ses doigts dégelés. Il avale son café bouilli. Le TGV est parti loin, le silence revient, plus intense. Emily attrape le bâton pour repousser un rat avide de sa brioche.

– Bon, les filles, j’y vais, vivement que je signe le bail de l’appartement !

Bisous, câlins et rires tristes. La bonne blague. Sans y prendre garde, Goran claque la porte et Emily doit reclouer les charnières faites de semelles en caoutchouc. Elle découpe des cartes bancaires en rond, et obtient des joints étanches. Elle alterne avec soin les couleurs bleues des Visa Card et dorées des Master Card International. La petite aime les brioches et les couleurs clinquantes.

En réparant la porte, elle regarde son père s’éloigner du campement. Goran cligne des yeux à cause du vent, descend jusqu’à l’arrêt du bus. Une fois qu’il s’est affalé sur la banquette arrière, le son de la voix de sa fille racle à nouveau son oreille : « Tu crois qu’elle est morte ? » Comme Emily, Goran refuse d’avoir vu ce qu’il a vu. Impossible qu’une femme seule s’éteigne devant une prison. C’était sûrement un homme. Inutile d’y penser. Réfléchir, c’est quitter le présent, disparaître un peu, entrer en soi, fuir vers avant, vers après, vers nulle part. Basta.

Ne plus entendre cette petite voix. Oublier. Il n’a rien vu devant la grille de Fleury. Il est mal assis, très mal même. Il monte le son de ses écouteurs. Goran se rappelle qu’il est en sursis, comme tout le monde. Il vit en planque, dans un taudis, avec sa fille qui aimerait le suivre partout. Mais il veut agir. Il a accepté ce travail de réinsertion. L’indifférence, non merci. C’est le plus bas degré de la liberté. 

Il se dirige vers la lucarne éclairée du centre culturel pour mettre des invitations sous pli. Goran ne pense plus. Goran ressent des choses pas claires. Travailler avec des gadjés, pour quoi faire ? Leur parler, ça lui met la bouche de travers, comme si un colt s’était coincé dedans, du canon au percuteur. Un sale goût métallique. Rien à voir avec la chaleur des seins d’Asma, avec les odeurs des femmes. Fini le parfum de Tifène, incarcérée depuis les trois ans de la petite, jusqu’àquand ? Il a oublié ce qu’ils se sont dits lors du dernier parloir. Vingt minutes, ça passe trop vite. Et Emily qui ne peut toujours pas voir sa mère. Interdit par la loi. La loi du sang répandu. Pas la loi du sang qui coule et se coince dans les entrailles. « Tu crois qu’elle est morte ? »

Goran a commencé sa journée de travail près de République, au nord de Paris. Il prépare les invitations et les enveloppes pour un vernissage. Même s’il n’aime pas les grandes peintures bariolées façon Marilyn africaine, exposées dans une galerie sans rats. C’est de l’art, selon les fines dames pâles  habillées de chiffons qui prennent des clichés avec le plus grand sérieux. Goran doit ensuite aller déposer une invitation en main propre chez Dorov, gérant d’une boutique de luminaires dans la rue des Saints-Pères. Une fois entré, il  attend que quelqu’un vienne en observant le décor luxueux. Il se sent comme dans une pièce du jeu vidéo les Sim’s. Immersion totale. Tout est propre, épuré, aucun prix affiché. Son rêve serait d’acquérir la lampe appelée « Grande élévation », une pièce unique, sorte de mini-spoutnik multicolore des années 1970. La gérante arrive, elle fait une tête de plus que Goran. Son visage a un air agressif, d’une laideur grise malgré son joli pull rouge,  lequel ne compense ni la méchanceté du regard ni la sauvagerie des babines. Visage en  forme de poire, nez pointu, perruque courte aux cheveux immobiles. En un éclair, il a peur. Il revoit mentalement le sosie de la folle, l’actrice de Gone baby gone, le film qu’il a regardé la veille dans son trou. Elle avait exactement la même tête, était filmée selon le même angle de vue. Par en-dessous, dominant sa victime qu’elle s’apprêtait à trucider, un couteau  de cuisine à la main. L’air chaud chasse de son esprit la surimpression cauchemardesque. Goran ne sait pas pourquoi, mais cela lui arrive de plus en plus souvent

De retour au centre culturel, vaincu par la fatigue, il s’assied devant l’ordinateur. Regarde une vidéo qui tourne sur Facebook. Une  petite fille apprend à se servir d’un lance-roquettes dans un camp d’entraînement, une autre un peu plus grande se fait surprendre en plein maniement d’une Kalachnikov. Elle ne parvient pas à la maîtriser, tressaute, l’arme prend le contrôle et la fait tournoyer. Ses camarades alentour sont tous blessés dans l’action. Hurlements de rire de Goran qui montre la vidéo à Matteo et Kevin, ses employeurs.  Terrorisés, ils lui donnent son congé dès la fin de la journée. Motif officiel : Goran le Serbe travaille lentement, a des trous de mémoire, fait trop de pauses. Encore un irrécupérable. Ils lui paient ses soixante euros et le dégagent. Goran quitte Paris par la ligne C du RER, soulagé.

« Tu crois qu’elle est morte ? » Il s’habitue à la voix dans sa tête, mais se sent de plus en plus opaque. A Juvisy, il prend le bus pour passer chercher la petite chez Asma. Sa conscience crache sans contrôle possible la question. Toujours la même et jamais une autre. Il comprend qu’Emily a vu une femme seule, inerte, devant la maison d’arrêt. Et alors ? Il l’a vu, en fait, le ventre rond de la femme en boule sur le banc. Bien enceinte, comme Tifène. Le trajet retour lui semble instantané. Il se sent téléporté. Il le fait sans le faire, le temps est suspendu. Il passe la soirée au calme avec Emily et Asma. 

La petite a décrit en détail à Asma, sa deuxième mère, la scène matinale de la  femme gonflée, pleine de terre et de sang, morte écroulée sur le banc de l’allée des peupliers. Asma a compris que Goran déjante. Il a dû rater le rendez-vous. Oublier la date de la libération de sa femme. Il a ramené de la gare une paire de Ray Ban pour Asma, négociée à vingt euros. Bisous, câlins, rires tendres. Asma est soufflée mais ravale sa douleur pour que la petite, sa fille désormais, ne se doute de rien. 

Goran s’est endormi dans la cabane bleue. « Tu crois qu’elle est morte ? Tu crois qu’elle est morte ? » Dans son rêve, la voix repasse en boucle, de plus en plus souvent, comme des contractions avant un accouchement. Asma prépare le repas. Elle blanchit un chou et coupe la viande de bœuf en dés. Son téléphone clignote dans la pénombre,  le cousin Tarek les convie par SMS à une cérémonie. Tarek n’est qu’une silhouette déficiente, vingt-huit ans, soumis à Goran. Il traîne invariablement autour de la prison vers les six heures du matin, pour se dégourdir les jambes après le café. Ce matin, il a trouvé le corps de Tifène dont l’âme est auprès des anges. Tarek a entendu une voix divine, celle qui l’apaise tous les jours. Cette voix lui a ordonné de prendre sa camionnette pour ramener incognito chez lui, dans sa caravane de Reed Castle, le corps encore tout raide.

 Changement de programme pour la famille, Asma place la viande dans une marinade parfumée et réserve le chou blanchi, enfermé dans une marmite en fer blanc. Elle  prévient ensuite Goran et Emily qu’il faut aller chez Tarek, juste àcôté, dans la ville de Morsang.  Elle n’explique pas pourquoi, mais il faut y aller. La vraie vie, c’est maintenant, il faut en être, respecter les rites sacrés. Rester attachés, à la vie à la mort. Goran s’étire, se lève et suit les filles sur la route boueuse. Puis goudronnée. Après trente bonnes minutes de marche, les maisons ressemblent de plus en plus à des rectangles, Emily sonne à la grille d’entrée qui mène à Reed Castle, le domaine du cousin, Tarek l’illuminé. Une odeur d’encens filtre. De l’huile de coquelicot dans un grand pot de terre. Autour, cinq cônes fumants et dix échardes de rosier. Une fois la porte ouverte, un grand coup de vent éteint les flammes des bougies. Les filles referment vite la porte derrière elles, Goran n’aura qu’à la rouvrir. Mais plus aucune lumière dehors, impossible pour le père d’avancer seul dans le noir. Avant d’entrer à son tour, Goran cherche la fonction torche de son smartphone et ses doigts ouvrent par erreur son agenda. « Tu crois qu’elle est morte ? » La question trouve soudain une réponse. Rouge. 

C’était hier le jour de la libération de Tifène. Il a raté le rendez-vous nocturne. Oublier tue. Il ne voit plus rien, le téléphone se met en veille. Les jambes de Goran ne le soutiennent plus. Il rejoint le goudron. Ses doigts caressent la route. Pris de tremblements, il rampe pour aller tambouriner avec son téléphone contre la paroi métallique de la caravane. SOS. En appui sur son coude gauche, il arrive à se relever. Asma sort avec la petite dans les bras. Goran s’écroule de nouveau, de façon définitive. Elles reculent. La nuit est calme, la porte de Reed Castle reste entrouverte dans une odeur de santal. Asma est un animal à sang-froid, si maigre qu’elle parvient difficilement à supporter le poids d’Emily avec ses grands gestes en direction du corps. 

– Arrête de bouger, Emily, tu vas nous faire tomber.

– Oui, mais regarde papa, tu crois qu’il est mort ?

Asma tient debout. Elle va supporter. Tout supporter, c’est sa came. Bricoler un destin avec les infortunes pour avoir une conscience, pour transmettre une éducation à Emily. La route nerveuse des sentiments de la petite, calquée auparavant sur celle de son père, est en pleine réfection. Emily acquiert par paliers brutaux le recul et le bon sens d’Asma. L’enfant du campement, elle veut grandir, aller le plus loin possible. Les morts pour rien, c’est juste des obstacles, des haies à sauter avec endurance et discipline. Le noir accroche mieux la lumière. 

L’histoire s’accélère. Ambitieuse pour survivre, Emily travaille dur sous la férule d’Asma. Elle se marie avec un commercial de haut-vol. Dès leur deuxième année de vie commune, il se prend une balle en pleine poitrine. Un recouvrement de dettes qui a mal tourné. Elle hérite de sa fortune et travaille dur pour réaliser son rêve de gamine gavée de téléfilms policiers : devenir médecin légiste. L’étudiante a décidé de surveiller le royaume des morts, encore plus impénétrable que celui des vivants. Autre folie, autre démesure. Quand on prend la main d’un vivant, elle réchauffe. Mais la main d’un mort est plus lisse, plus douce.  

Puis l’histoire se bloque. Le dernier jour vient toujours comme un voleur. Il arrive pour Emily, quand ressurgit sa voix intérieure. Elle s’entend murmurer, comme quand elle était petite : « Est-ce que moi, je suis moi ? On va voir ça ». Emily se dit : « Et si j’allais faire un tour dans mes viscères thoraciques et abdominales, avec mon scalpel ? Voir tissus et organes à l’intérieur. A l’endroit de la petite voix qui traverse tout le monde. Voir en moi-même. Je me découpe la peau. Incision en Y, ça s’ouvre bien. C’est bizarre, je vois tout et je ne sens rien. Je suis morte ou quoi ? »

Fin du cauchemar. Paris. Hôpital de la Pitié Salpêtrière. Unité d’hospitalisation nord, service chirurgie thoracique. Emily, belle jeune fille rom de quatorze ans, un peu ronde et comateuse, se réveille en sursaut dans la chambre 429. Corps quasi indolore, seuls ses pieds la démangent. Elle entend un brouhaha d’actualités à la télévision, avec des sirènes de camions de pompiers et d’ambulances. Ses cicatrices sur les jambes tirent un peu, elle a du mal à se redresser. Assis sur un grand fauteuil noir, Goran le Serbe, son père, grand corps noueux enveloppé dans un blouson kaki, lui prend la main : 

– Ma chérie, ça va ? Tu as dormi deux jours, on est dimanche.

La librairie Arborescence de Massy

Une jeune librairie qui vaut le détour :

Pour acheter des livres.

Pour l’équipe autour d’Elise Guillaume.

Pour faire le potager.

Adresse : 62 rue Gabriel Péri 91300 Massy

Pour aller lire juste à côté, sur la terrasse de la Brasserie du centre (je vous recommande un verre de vinho verde ou un demi de Superbock + délicieuses spécialités portugaises fait-maison. Grillades au feu de bois. Une assiette pour 2 suffit largement).

Vanessa Kientz

translation of a short story of Katherine Mansfield, « The Stranger », Les meilleures nouvelles de Katherine Mansfield, éditions Rue Saint-Ambroise, 2019

non fiction proofreading, Se souvenir de l’avenir avec Louis Massignon, Jacques Keryell, le livre actualité, 2019

poem in a literary review, le cafard hérétique Hors-série #3, 2019

novel incipit in a literary review, Au bord de l’autoroute, revue WIP. Littérature sans filtre n°2, juin 2018, co-édition Karthala/les amis du Pitch Me

short story in literary review « rivage noir« , revue Rue Saint-Ambroise n°41, 2018

nouvelle « la réponse est rouge », revue Le cafard hérétique n°11, 2018

non fiction proofreading, De l’art des mots au goût de Dieu, Jacques Keryell, Chemins de dialogue, 2018

novel proofreading, Tanirt, Mika Kanane, 2018

French translation in a social science review, « Comparative, transnational, interdisciplinary History : Analytic Concepts of the Exhibition « Paris-London. Music Migrations. 1962-1989 », Martin Evans, revue Hommes et Migrations 19/2 (n°1325)

French translation in a social science review, « Colin MacInnes (1914-1976), emblème de la culture rétro, de Lucy Robinson, revue Hommes et Migrations 19/3 (n°1326)

short story, « paralelnì polis », Attends, ça vient, éditions du Quartier, 2017

creative writing workshop in Paris, Ateliers du Quartier, 2016-2017

novel Prof à plein temps !, éditions Butterfly, 2016

poems and short stories, Rien à voir, éditions Butterfly, 2016

reading sessions, soirées Work In Progress du Pitch Me, 2015

musical poetry show, « La pharmacie », collectif Recidiva, festival Château de Buno, 2015

musical poetry podcast, « Tout seul », podcast audioblog Arte, 2013

novel proofreading, Les vents déchaînés, Augustin Tabo, Edilivres 2012

translation proofreading, Les enfants de cornacs, Peter Hoeg, traduit par Anne-Charlotte Struve, Actes Sud, 2011

non fiction proofreading, Les roms, dignité et accueil, Questions Contemporaines, Philippe Goossens, L’Harmattan, 2011

non fiction proofreading, Mary Kahil, une grande dame d’Égypte, Geuthner, 2010

non fiction proofreading, Afîf Osseïrane, un chemin de vie, Jacques Keryell, Cerf, 2009

non fiction editing, Les Hussards perdus de la République, l’échec de la droite libérale, Philippe Benassaya, François Bourin éditeur, 2007

education article, « enseigner la paix », revue L’école des lettres, mars 2007

literary article « lecture cursive des romans d’Agnès Desarthe », revue L’école des lettres, août 2006

literary award jury, Prix Jean Follain de la ville de Saint-Lô, 2002

nonfiction proofreading, Louis Massignon et ses contemporains, Jacques Keryell, éditions Karthala, 1997

poetic show, soirée Fernando Pessoa, Caen, 1995

not applicable break, soirées banalystes, Caen, 1994

Rumeur, calomnie et lynchage numérique

La loi Avia contre les contenus haineux sur internet

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/05/13/la-loi-contre-la-haine-sur-internet-definitivement-adoptee-par-l-assemblee-nationale_6039578_4408996.html

http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/lutte_contre_haine_internet

https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPreparation.do;jsessionid=C4582CF542015379B1E41255E7050281.tplgfr37s_3?idDocument=JORFDOLE000038745184&type=general&typeLoi=prop&legislature=15

La lutte contre les fake news

Le gouvernement se veut source de Vérité (« pravda », en russe) : au cours d’une balade sur Twitter, la porte-parole du Président de la République annonce le 30 avril 2020 que le gouvernement fait le tri des informations pour guider les lecteurs vers les faits et analyses sur lesquels il s’appuie pour construire sa politique.

Perspective : en janvier 2018, le projet de loi est analysé dans l’article « Fake news, Macron décodeur-en-chef », signé par Frédéric Lordon.